Ma vie de militante a démarré dans les premières semaines qui ont suivi mon entrée à l'université:  sous les fenêtres de mon auditoire, des étudiants commençaient à se mobiliser contre le projet du gouvernement de fusionner les écoles supérieures et de revoir à la baisse le financement des universités. J'ai cherché l'adresse de la fédération des étudiants francophones (FEF) dans l'annuaire et je me suis présentée. Je n'imaginais vraiment pas que j'allais en devenir présidente deux ans et demi plus tard.

Ça a été une fameuse école de vie, mais aussi le temps de mes premiers défaites et victoires pour une réelle démocratisation de l'enseignement supérieur.
 
Je n'étais pas encore diplômée que Jacky Morael, alors secrétaire fédéral d'ECOLO, me proposait une place comme candidate d'ouverture sur la liste du Sénat, aux élections de 1999. Je n'ai pas hésité longtemps: ECOLO était le seul parti qui avait cru possible un refinancement de la Communauté française et, donc, des écoles en Wallonie et à Bruxelles. Je loupais le siège pour quelques centaines de voix, mais le pli était pris. J'ai adhéré à ECOLO et intégré le cabinet du jeune ministre Jean-Marc Nollet, en tant que secrétaire politique.

Des années exaltantes qui nous ont conduit à une grande leçon d'humilité, quand tout s'est arrêté brutalement en 2004.

Quelques mois de chômage m'ont transformée en maçonne, en peintre et en plafonneuse. J'ai fait tous les travaux d'aménagement dans la maison que nous venions d'acheter à Lustin, mon compagnon et moi. L'issue est venue de la Ligue des Familles. Pendant deux ans, j'ai dirigé le service d'études de cette association indispensable. Mais là encore, une leçon de réalisme quand, en raison des difficultés financières de la Ligue, je me suis retrouvée une nouvelle fois sur le marché du travail.

Entretemps, j'étais devenue conseillère CPAS, puis conseillère communale à Profondeville. En juin 2007, j'étais 2ème effective sur la liste pour la Chambre en Province de Namur (ce que j'en disais à l'époque en vidéo).

En octobre 2007, ECOLO me propose de coordonner le vaste processus participatif de mise à jour du programme pour les élections régionales de 2009; j'accepte.

Je suis devenue députée wallonne et communautaire le 7 juin 2009. Six semaines plus tard, les militants d'ECOLO décidaient de me propulser à la présidence du Parlement wallon. 

Depuis, je me partage entre le Parlement wallon et celui de la Communauté française; mais aussi entre ma fonction de présidente et mon rôle de maman.

La suite de l'histoire s'écrit en ce moment.